On a testé pour vous : Cinema 4D R20 de Maxon

Dévoilée cet été à l’occasion du SIGGRAPH, la version 20 de Cinema 4D est présentée comme une mise à jour majeure du logiciel.

Matériaux nodaux (Node-based materials) 
Pour moi, c’est le gros morceau de cette release : la création nodale des matériaux. Fonctionnalité présente depuis de nombreuses années sur d’autres logiciels comme 3ds Max ou Maya et largement démocratisée par Substance Designer, l’édition nodale permet de créer des matériaux plus complexes et facilement modifiables.  

Range ta chambre !
Cela demande cependant un peu de rigueur dans la création de nos matériaux car l'enchaînement des nodes peut vite prendre beaucoup de place et être difficile à lire. Avec plus de 140 nodes disponibles, c’est un nouveau monde qui s’ouvre à tous les utilisateurs.
Prolongement de cette nouveauté, l’apparition d’un uber material qui reprend le design de l’ancien éditeur mais avec la possibilité de connecter des nodes.

Fields
Fields est annoncé comme une révolution pour le Motion Graphics dans C4D. Fields rend la fonctionnalité “Falloff” encore plus puissante. Le travail de Fields/Falloff est de venir modifier le placement d’objets ou leur aspect (forme ou matériau) un peu comme un aimant pourrait le faire avec de la limaille de fer. Le but est de pouvoir animer simplement une grande quantité d’objets ou de déformer des objets. C4D était déjà le champion dans ce domaine, Fields augmente encore les possibilités créatives.  

Volume Builder
Basé sur l’Open VDB, le Volume Builder C4D propose une approche différente de la modélisation. Vous créez une forme de base que vous associez à une “volume builder”. La forme est découpée en voxels (imaginez un voxel comme une brique Lego). Vous pouvez ajouter ou soustraire d’autres formes au volume principal. Ensuite il ne reste plus qu’à appliquer un “volume mesher” pour retrouver des polygones. J’avais déjà vu cette méthode il y a quelques années sur Houdini et Maya à travers des plugins mais il ne me semble pas qu’elle ait trouvé son public. Peut-être les utilisateurs C4D seront-ils plus réceptifs.

Ouverture vers le CAD
Avec l’import de fichiers CATIA, Solidworks, STEP, IGES et JT, C4D offre une solution alternative à Keyshot. L’interface d’import est particulièrement bien pensée avec la bascule des axes Y et Z mais aussi les paramètres de tessellation variant suivant la taille des objets. Cela permet ainsi de ne pas avoir des milliers de polygones sur une simple vis de 5 mm.

ProRender
Le moteur de rendu d’AMD, Radeon ProRender, bénéficie lui aussi de quelques améliorations à l’occasion de cette release. Notons : le rendu du subsurface scattering (SSS), le motion blur et l’ajout de passes complémentaires dans le multi-passe. Rappelons que ProRender est gratuit et rapide. Je le vois tout à fait s’intégrer dans un workflow pour la visualisation CAD.

Copyright Yan Ge

Multi-instances
Lorsque l'on a des milliers d’objets clonés, la navigation dans le viewport peut devenir difficile. Le mode multi-instances permet de retrouver une grande fluidité de déplacement dans le viewport. Le résultat est très impressionnant. Bien sûr on peut choisir le mode d’affichage dans le viewport : boîte englobante, points, géométrie complète... Autres avantages du mode multi- instances : consommation de RAM réduite et lancement plus rapide des rendus.

Egalement dans cette release :

  • améliorations du caméra tracking,
  • meilleur support de l’alembic,
  • nouveau design de l’éditeur de dégradé.

Christophe Bicchierai

Pour aller plus loin :