On a testé pour vous : Wacom Cintiq Pro 24 Touch 

Wacom a eu l’amabilité de me fournir en test une Wacom Cintiq Pro 24 Touch pendant 1 mois.
Pour accompagner la tablette, j’ai reçu aussi des accessoires : l'Ergo Stand et le Flex Arm pour améliorer l’ergonomie du poste de travail.

Dès le départ un problème… la taille de mon bureau. Il n’est pas adapté pour recevoir un engin de 70 cm de large. Mon espace de travail est composé d’un iMac avec un 2ème écran et d’un PC avec deux écrans. Plus trop de place pour recevoir correctement une Cintiq Pro. J’en profite pour vous signaler que j’utilise les tablettes graphiques de manière occasionnelle, principalement pour de la retouche photo et du compositing de rendu. Sur l’iMac j’ai une Wacom Intuos d’ancienne génération et sur le PC une tablette chinoise qui a environ 2 ans. Le travail graphique se fait exclusivement sur l’Intuos. Elle a certes vieilli mais elle fonctionne toujours très bien. J’ai quelques soucis d’assemblage avec la tablette chinoise : boutons qui se coincent, j’ai dû aussi racheter un stylet et le premier driver n’était pas adapté aux gauchers.

Après le choc causé par la taille de l’énorme carton de l’Ergo Stand, on peut déballer. L'unboxing de la Cintiq Pro et de l’Ergo Stand est un grand plaisir. Les cartons et polystyrènes de calage sont bien ajustés, le quickstart agréablement imprimé sur un carton épais avec un joli effet satiné. On se sent en confiance.

Pour résoudre mon problème d’espace, direction le magasin de bricolage : deux jolis tréteaux et un plateau feront l’affaire en serrant un peu tout le monde.

J’installe la bête, sans l’Ergo Stand pour le moment. Je veux profiter de la Cintiq Pro immédiatement et tester également la position de travail standard. Les câbles vidéo et USB pour la connexion au PC sont de bonne longueur (3 m), pas de mesquinerie chez Wacom. La tablette est magnifique, l’assemblage est conforme à ce que l’on attend pour le prix de l’appareil. Je lance le PC, l’écran de la Cintiq Pro s’allume. Première claque : l’affichage est de très grande qualité. Deuxième claque : c’est du 4K. Je n’avais pas fait attention en lisant les caractéristiques. 4K sur un 24 pouces avec un réglage standard Windows, c’est un peu dur pour mes vieux yeux. Après l’installation des drivers et l’adaptation des paramètres à ma vue, je peux profiter pleinement de la Cintiq Pro. Ni une ni deux je lance Photoshop. Je reprends le fichier sur lequel j’étais en train de travailler avec l’Intuos. J’avais déjà eu l’occasion de travailler sur des Cintiq d’anciennes générations et j’avais trouvé cela très confortable mais deux choses me gênaient : parfois un petit décalage entre l’endroit où l’on pointe et l’action elle même (pour un gros utilisateur je pense qu’on s’adapte, pour un utilisateur occasionnel c’est un peu embêtant), le deuxième point c’est que la tablette chauffait, je n’aimais pas du tout cette sensation sous ma main. Avec la nouvelle Cintiq Pro je n’ai pas ressenti tout cela. Tout d’abord la précision est bluffante. Précision du pointage, de la pression, de l’inclinaison. Ce qui est très surprenant c’est aussi la qualité de la glisse. La sensation est vraiment très agréable. Les bords autour de l’écran sont suffisamment larges et sans bouton pour permettre une utilisation sur toute la surface sans être perturbé. La télécommande ExpressKey permet de retrouver les boutons paramétrables habituellement placés en bordure. La finition de la télécommande est très soignée également. On peut paramétrer jusqu’à 17 raccourcis. Les boutons ont des petits dessins différents en relief ou en creux ce qui permet de savoir sur lequel on clique sans avoir besoin de le regarder. La télécommande est sans fil, on la pose où on veut. Son dessous est aimanté, elle peut se solidariser à la tablette.

Je passe ensuite au montage de la tablette sur l’Ergo Stand. L’Ergo Stand est un accessoire qui permet de faire varier la position de la tablette. Le pied est bien lourd pour que l’ensemble ne bouge pas. Cela permet de pouvoir caler la tablette en bordure de bureau comme si on l’avait sur les genoux. Je vous recommande de bien lire les quelques infos de montage. Rien de bien compliqué si on suit bien les consignes. Il faut environ 30 min pour monter l’ensemble. Ensuite on oriente sa tablette comme on souhaite. On peut également la faire pivoter pour passer d’une position paysage à portrait (ou intermédiaire). Cela apporte vraiment un confort supplémentaire. Le support est suffisamment lourd et les fixations solides pour qu’on ne ressente pas de vibrations durant les séances de travail. J’en profite pour faire quelques tests dans Zbrush et Substance Painter, deux autres logiciels où l’apport tablette/stylet n’est plus à démontrer. Je reviens sur la glisse du stylet c’est vraiment remarquable. J’espère qu’elle ne se détériore pas trop avec l’usage.

Wacom m’avait également fourni le Flex Arm qui permet de suspendre la tablette sur un bras articulé. Au début j’avoue que j’ai eu un peu peur d’accrocher en l’air le précieux objet de 7 kg. Mais là encore la qualité de fabrication m’a convaincu et je me suis lancé. L’avantage c’est que l’encombrement est réduit et qu’on peut “ranger” sa tablette en la poussant de côté. Je préfère malgré tout l’Ergo Stand qui permet de trouver un bonne position de travail plus rapidement. J’aurais bien aimé avoir un petit fascicule qui me présente comment les grands noms du graphisme sur Wacom ont agencé leur bureau.

Cette tablette me semble être un incontournable pour les personnes qui travaillent très régulièrement avec un stylet. Elle est confortable, précise et bénéficie d’une très grande qualité d’affichage et d’un toucher du stylet que je n’avais jamais connu. L’Ergo Stand offre un confort supérieur mais c’est un achat qui peut se faire dans un deuxième temps pour étaler les dépenses.

Pour les utilisateurs plus occasionnels -comme moi- ce mois de test m’a démontré que je pouvais faire en moins de temps un travail plus qualitatif. Si l’on raisonne uniquement rentabilité, je ne sais pas combien de travaux il faudrait que je fasse pour la payer, mais ce n’est pas le seul paramètre il y a aussi le plaisir de travailler avec un cet outil qui élève naturellement la qualité de mon travail. 
 

Christophe Bicchierai